Dernière journée du mois de septembre par Anne-Claire

Dernière journée du mois de septembre. Enfin !

Non pas que j’attende octobre avec impatience, mais je me dis que je vais pouvoir échapper à LA question que personne ne supporte déjà plus le 10 septembre : comment s’est passée la rentrée ? 

 

Et bien, c’était sportif ! Surtout pour les mamans (je sais, ce n’est pas politiquement correct) dont la charge mentale explose encore un peu plus au mois de septembre. Attention, je ne parle pas de la réalisation des tâches (ces messieurs, heureusement s’y sont mis depuis quelques décennies), mais bien du fait de penser à tout, d’anticiper et d’organiser.

 

Chaque année, c’est un véritable marathon version Un jour sans fin : remplir tous les documents administratifs en 48h, acheter de nouvelles fournitures chaque jour, faire le tour de toutes les papèteries et Bureau Dépôt (parce qu’on s’est promis de ne plus commander sur Amazon pour sauver nos magasins de proximité) afin de trouver le cahier rouge avec des lignes anglaises sans interlignes (alors qu’on dépense une fortune chez la graphothérapeute depuis des années), couvrir les livres pendant que tu fais réciter la première poésie, ouvrir les 38 emails reçus par enfant avec des documents à signer pour le lendemain. 

Le 21 septembre, vous vous êtes déjà engagé(e)s à accompagner une sortie à la piscine en octobre, à la bibliothèque en novembre, au musée de votre ville au mois de janvier et à participer à la journée de retraite au Mont St Michel au mois d’avril.

Tout ça alors que vous n’avez toujours pas bouclé l’organisation des vacances de la Toussaint, ni trouvé la perle qui acceptera de s’occuper de vos adorables bambins de 16h30 à 19h. 

 

Il est vrai qu’il existe de supers outils et applis pour nous faciliter la vie, commander les fournitures scolaires, prendre les RDV chez le pédiatre, le dentiste, l’ophtalmo, trouver des baby-sitters, gérer les inscriptions à la cantine, au centre de loisirs, et même à certaines activités périscolaires. Mais, ô joie, il nous reste le dépôt des dossiers d’inscriptions au conservatoire, la file d’attente pour inscrire son enfant à la piscine et espérer qu’il puisse apprendre à nager avant ses 10 ans, l’achat de la nouvelle tenue de danse ou du kimono, des crampons, de l’uniforme de scout, le changement de raquette de tennis qui ne grandit pas automatiquement avec l’enfant, et même parfois l’achat d’accessoires pour le sport à l’école puisque les enfants ne peuvent plus se prêter les diabolos, raquettes de badminton ou de ping-pong, cordes à sauter, balles de jonglage… 

La bonne nouvelle, c’est que dans un an vous aurez suffisamment de matériel pour ouvrir un club sportif.

 

Vient ensuite la valse des réunions de rentrée, et là ça se complique sérieusement pour les familles nombreuses avec parfois jusqu’à 3 réunions le même soir !

Au collège nous avons eu la chance de pouvoir rencontrer les professeurs en « présentiel » cette année. Après 2h30 dans une classe à 38 degrés, notre concentration au maximum afin de distinguer leurs paroles étouffées par les masques, on comprend mieux pourquoi nos ados ont du mal à suivre en classe, comment leur en vouloir ? Vous levez timidement la main à la fin de la présentation :

« Madame, avez-vous prévu d’utiliser un micro ? »

 

Une amie qui a toute mon admiration, elle gère d’une main de maître sa carrière et une famille de 4 enfants, m’a avoué avoir vécu un très grand moment de solitude la semaine dernière. Après être partie comme une voleuse du bureau à 17h45 et avoir traversé la ville à vélo au péril de sa vie, elle s’est faufilée le plus discrètement possible, avec son sac à main, sa sacoche d’ordinateur, son casque, en nage, les cheveux plaqués sur le crâne, au fond de la classe de grande section de maternelle de son petit dernier, avec un bon quart d’heure de retard. Elle n’était pas certaine d’avoir reconnu la maîtresse, mais avec le masque, ce n’est pas toujours évident. Et puis c’est son mari qui dépose son fils le matin, elle ne l’a vue que quelques instants le jour de la rentrée. Au bout de 30mn, au moment de remplir la fiche des coordonnées des parents, elle s’aperçoit qu’elle s’est trompée de salle. Elle se lève et s’excuse en passant derrière sa voisine en expliquant extrêmement gênée qu’elle n’est pas dans la bonne classe, et la maman parfaite lui assène d’un ton accablant « Oh non, vous n’avez pas fait ça ! ». 

Double dose de culpabilité.

 

Alors pour cette nouvelle année scolaire, parce que ce n’est pas facile tous les jours et que si nous sommes honnêtes, nous connaissons tou(te)s des moments de galère, je nous souhaite de l’entraide et de la solidarité entre mamans, entre parents. 

 

Mes enfants sont grands maintenant mais j’ai également une pensée pour les mamans des maternelles, en proie aux larmes de leur progéniture sur le seuil de la classe. C’est un tel déchirement d’entendre son enfant pleurer (et même ceux des autres) et de le voir s’accrocher à nous, j’ai souvent quitté l’école la boule au ventre et parfois les larmes aux yeux. Une institutrice avisée avait conseillé de laisser les papas gérer l’accompagnement et cette solution s’était avérée plutôt efficace. Moins de pleurs pour les enfants et moins de stress pour les mamans.

 

30 Septembre donc - Mission accomplie, vous avez réussi ! 

Vous êtes épuisé(e)s mais vous l’avez fait ! Vous pouvez souffler un peu et reprendre une activité normale.  

Et mesurer cette année plus que jamais la chance de voir nos enfants partir le matin et passer toute la journée à l’école. Parce que franchement, les instits et les profs, en réalité, nous les admirons. Nous avons parfois du mal à gérer deux ou trois enfants, alors 32! 

Total respect.

 

Profitez bien des mois d’octobre et novembre car décembre va arriver très vite !

Et n’oubliez pas que vous pouvez aussi ajouter le numéro du papa sur les groupes WhatsApp des classes de vos enfants…

 

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